Résumé : Au début du Vème siècle de notre ère, à Alexandrie d’Égypte, les chrétiens parvenus au pouvoir imposent leur ordre. Ce roman est celui de leur conquête, dans ce monde de l'Antiquité finissante que traverse une sourde violence. En cet Orient fastueux et pervers, aux foules versatiles, une jeune femme, Thermantia, ardente et libre, mène sa quête amoureuse au cœur d'un univers qui s'invente. Elle appartient au milieu de ces Grecs romanisés des premiers temps byzantins, à la fois raffinés et brutaux, et se retrouve proche aussi des juifs, nombreux et pourtant menacés. Face aux uns et aux autres, campent les chrétiens, conduits par un évêque prosélyte et populaire. Égarée parmi eux, à la recherche d'un amour exalté et fantasque, elle découvre leurs étrangetés, les dogmes disputés, les rites, et rencontre leurs saints, les ascètes, et ceux plus obscurs de la multitude que gagne un christianisme à l'essor irréversible. Une autre époque est née, où se devient déjà l'emprise du clergé et les interdits du Moyen Age. Évocation d'un temps de transition peu connu, où, dans la métropole cosmopolite, se poursuivent cérémonies païennes et jeux meurtriers, La Fête Alexandrine dessine une grande fresque romanesque, émouvante et débordante de vie. Monique A. Berry, professeur d'université, en restitue, avec une attention passionnée, aussi bien le rythme de l'existence au quotidien, grâce à une large érudition et à un souci admirable du détail vrai, que les enjeux politiques et spirituels à l'aube de la civilisation judéo-chrétienne, aux sources de la pensée moderne.