Résumé : On me reprochera sans doute d'avoir écrit la Beauce avec la plume d'un Beauceron. C'est un peu vrai. Tous mes ancêtres ont vécu sur cette terre, et tous, sans doute, l'ont cultivée. Mais qui d'autre que moi avait voulu en parler ? De ce pays dont on ne connaît que les clichés d'une agriculture industrielle ! En 1995, dans le premier tome d' "Une Histoire de la Beauce", je révélais la longue histoire de ce vieux terroir, dont le nom lui-même, "Belsa", la "Grande Clairière" remonte aux Gaulois. Mais mes lecteurs ont voulu en savoir plus, ce qui s'était déroulé depuis la Révolution. Par fidélité, par attachement à ce pays méconnu, mais aussi par souci de découvrir moi-même la trame des enchaînements, j'ai repris l'ouvrage. De 1789 à 1989, de la Révolution française à la chute du mur de Berlin, je me suis appliqué à décrire les fantastiques mutations de cette terre agricole devenue l'archétype des plaines céréalières. Au bout du parcours, j'ai surtout découvert l'étonnante permanence d'une région secrète, d'un paysage qui ne se livre pas, ou plutôt qui ne se livre qu'à de rares initiés. Emile Zola, Anatole France, Marcel Proust ou Charles Péguy, tous originaires de ce pays aux lignes pures, en avaient saisi l'intimité, mais fidèles à l'esprit de ce lieu, ils n'en avaient pas dévoilé les secrets. Pour cette raison, sans doute, seul un Beauceron pouvait raisonnablement parler de la Beauce. (Michel Aubouin)