Résumé : Sous le pont Mirabeau coule la Seine Et nos amours Faut-il qu'il m'en souvienne La joie venait toujours après la peine Ces vers du "Pont Mirabeau", comme ceux de "La Chanson du mal-aimé" ou de "Zone", tous issus du recueil Alcools ont fait la fortune littéraire d'Apollinaire, et un grand classique de la poésie. Toutefois, ce classicisme ne doit pas faire oublier qu'en son temps ce recueil constitua une véritable révolution poétique : après Rimbaud, Apollinaire transforme toutes les règles d'un lyrisme devenu vieillot à son goût. Il faut pouvoir chanter le monde, jusque dans sa réalité la plus crue, mais aussi jusque dans ses progrès les plus récents : la tour Eiffel ("Zone") côtoiera donc les cellules de la prison de la Santé ("À la Santé"). Sur ce modèle se succéderont alors la mort, la fuite du temps et surtout l'amour : tantôt lumineux, tantôt obscur, mais toujours au centre de ces ivresses poétiques. Avec Alcools, Apollinaire deviendra le modèle de tous les poètes à venir, et en particulier des surréalistes. --Karla Manuele Parmi les vers que l'on garde en soi et qu'on se murmure de temps à autre, beaucoup, sans aucun doute, viennent des pages enchantées d'Apollinaire. Inventeur d'une poésie qui irradia tout au long du siècle, le découvreur des peintres nouveaux a une influence essentielle sur l'esthétique contemporaine. Même si l'amour est au coeur du recueil, et avec lui l'émotion, la mélancolie, le désir, les vibrations du monde et les couleurs des paysages de l'Est traversent également ces poèmes. Ivresse garantie.