Résumé : La métamorphose des États-Unis en un peu moins d'un siècle et demi, de 1865 à nos jours, est un phénomène impressionnant. Ils font aujourd'hui figure de creuset de la concentration économique et financière et de siège des plus grandes multinationales à vocation planétaire. La nation américaine constitue également désormais l'avant-poste de la révolution cybernétique et de la civilisation post-industrielle ; elle a pu, à la chute de l'Union soviétique, revendiquer le statut de superpuissance unique. De cette croissance foudroyante et de ces transformations radicales, les années 1865-1897 apparaissent les premières responsables. En 1897, l'Amérique contemporaine est née. Quatre décennies pourtant lui seront encore nécessaires pour parvenir à maturité. Oscillant entre les avantages d'un progressisme régulateur et la tentation du libéralisme économique à outrance, Entre la nostalgie d'un passé ? continental ? et les réalités de leur engagement économique international, les États-Unis s'avèrent aussi vulnérables à la crise des années 1930 qu'à la dégradation brutale des relations internationales qui l'accompagne. C'est Pearl Harbor (1941) qui ouvre, dans leur histoire, une ère nouvelle. Ils assument enfin un rôle international à la taille de leur prépondérance commerciale et financière et poursuivent tout au long de la guerre froide leur rôle de rempart du libéralisme face à la menace totalitaire. Mais si, jusqu'en 1991, et en dépit du drame que constitue leur échec au Vietnam, c'est plutôt la continuité qui domine l'histoire de leur politique étrangère, entre les années 1960 et 1970, leurs grands équilibres internes sont bousculés. Tandis que tenants d'une Amérique traditionaliste et ceux d'une culture post-moderniste commencent à s'affronter, les champions d'un retour au marché se mobilisent contre un interventionnisme étatique qui fait figure de menace pour la croissance du pays et pour sa compétitivité. Avec l'arrivée de Ronald Reagan, une ? évolution conservatrice ? commence à se dessiner.