Résumé : Dès les premières pages de L'Oratorio de Noël, nous savons que nous allons être emportés par un fort courant romanesque aux confins de l'éblouissement, de la folie, de la mort et de l'amour. Trois générations de Nordensson, que dominent trois hommes — Aron, Sidner et Victor —, nous prennent en effet à témoins des inoubliables transgressions auxquelles leurs rêves, leurs talents, leurs ambitions et leurs désirs visionnaires vont les entraîner. Mais les femmes ne sont pas absentes de ces tribulations pathétiques, et en particulier Solveig, l'épouse d'Aron, qui meurt dès les premières pages, piétinée par un troupeau de vaches sous les yeux de son fils, et qui va les hanter tous, au point parfois de les conduire à l'irréparable. Et L'Oratorio de Noël. de Bach dans tout cela ? Au premier degré, c'est l'un de ces sujets où la communion des personnages soudain s'exalte. Mais très vite la symbolique s'impose. Car le roman de Tunstrôm se construit, s'épanouit, s'amplifie comme un oratorio. La Suède nous avait habitués à des livres forts et passionnants. Cette fois elle nous propose l'un de ces grands romans européens dont Kundera dit qu'ils ont engagé le dialogue avec la philosophie. Un dialogue inoubliable.