Résumé : Les philosophes ne traitent pas de la course à pied, et pour cause : le ? paradoxe de Zénon ?, s'emploie à qualifier la tortue marcheuse et à disqualifier le vaillant Achille, pris dans la folie prétendue de ses enjambées. De Zénon jusqu'à aujourd'hui, le coureur aura donc été l'antiphilosophe par excellence, celui qui ne peut faire valoir l'activité de son esprit, contrairement au marcheur dont la lenteur garantit la venue des idées et la possibilité du dialogue. L'auteur, coureur de fond lui-même, s'oppose à toute cette tradition. Il brosse pour cela des portraits de légende, de Spiridon Louis à Guy Drut en passant par Emile Zatopek et les marathoniens d'Amsterdam ou de New York. Il montre que la course à pied résout de nombreux problèmes philosophiques (le dualisme du corps et de l'esprit, la douleur, la vulnérabilité, l'abandon…) Il élabore une métaphysique de la course, ressaisie comme une expérience du temps. Il en décrit enfin la sagesse et la finalité : la course est l'épreuve d'un pouvoir intérieur.