Résumé : De 1881 date le premier tableau que nous conservons de Signac. Trois ans plus tard, à la première exposition du groupe des Artistes indépendants, le peintre remarque Une Baignade, Asnières de Seurat, dont il devient l'ami. Grâce à Guillaumin et à Pissarro qui s'intéressent aux recherches de ces jeunes artistes, ils sont invités à exposer, en 1886, à ce qui sera la huitième et dernière exposition du groupe impressionniste : tandis que Seurat y montre Un Dimanche à la Grande Jatte, Signac, avec ses Gazomètres, Clichy confirme son adoption de la "méthode" divisionniste de Seurat. Jusqu'à la mort de ce dernier en 1891, Signac combine, comme son ami, des compositions à figures, des paysages et, marin passionné de voile, des marines peintes en Bretagne et dans le Midi. En 1892, il découvre Saint-Tropez. Là, il peint des ouvres de plus en plus colorées et de grandes compositions comme Au Temps d'Harmonie révélatrices de son adhésion aux idées anarchistes. "Harmonie" devient alors l'un des maîtres-mots de l'artiste qui renonce à la peinture sur le motif, préférant rassembler des "notations", le plus souvent à l'aquarelle, à partir desquelles il travaille ensuite à l'atelier ; adoptant aussi des touches plus larges, Signac réaffirme son goût de la couleur pure. Sa production de peintures à l'huile ralentit considérablement, le peintre se consacrant essentiellement à l'aquarelle qui convient mieux à la vie nomade qu'il mène au cours de ces années. Alors que des marchands lui consacrent des expositions monographiques, il a désormais une clientèle assurée d'amateurs et une position reconnue d'artiste influent. Quant à ses pairs, ils lui reconnaissent le talent d'un grand coloriste.