Résumé : Nous autres francophones sommes un tantinet polyglottes... Nous utilisons tous les jours des mots venus d'autres langues, sans même nous en rendre compte. Ces mots migrants, si bien assimilés, ont parfois l'air de bons vieux mots français. Ces mots voyageurs, auxquels notre langue a toujours réservé le meilleur accueil, ne sont pas tombés du ciel ! Empruntés à des langues soeurs, cousines ou à des langues parfaitement étrangères, ils sont arrivés par vagues successives, de chez nos voisins européens ou de l'autre bout du monde. Colportés par les marchands ou les marins, les voyageurs ou les savants, les princes ou les soldats, les conquérants ou les immigrants. Pour recueillir, au cours des siècles, des milliers de mots, nous avons profité de circonstances politiques, économiques ou culturelles favorables. Pour les assimiler, nous avons développé de subtiles stratégies. Voilà ce que je raconte, à travers six voyages. A chacun de ces mots mâchés de bouche en bouche, je voulais rendre son parfum singulier. Pourquoi raconter les tribulations de ces quelque 1823 mots venus d'ailleurs ? Il me tenait à coeur de rendre ainsi visibles les contacts qui ont permis à notre langue de s'enrichir au point de devenir un véritable bouillon de cultures. Et, à l'heure où le serpent de mer du protectionnisme resurgit, je me demande si le génie du français ne se manifeste pas, aussi, dans son aisance à assimiler ce qui lui est étranger... (Marie Treps)