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couverture de : Colbert
Résumé : "Statufié et mythifié, Jean-Baptiste Colbert (1619-1683) est sûrement l’un des ministres de la France qui a le plus marqué non seulement ses contemporains, mais encore la postérité. Apprécié de Louis XIV, qui en fit son homme de confiance, détesté de Fouquet, dont il causa la perte, et de Mme de Sévigné, qui le surnommait ? le Nord ? en raison de son attitude glaciale, il fut érigé en modèle de travail et de vertu par le XIXe siècle républicain qui a vu en lui la probité récompensée et le labeur incarné. Réévalué de nos jours à l’aune de ses erreurs, Colbert ne suscitait plus l’intérêt des biographes depuis une vingtaine d’années.Michel Vergé-Franceschi a repris le dossier à bras le corps en se replongeant dans une lecture assidue des archives. Il nous retrace ainsi l’admirable ascension de cet ambitieux et orgueilleux Rémois, fils de riches marchands de souche roturière, les étapes qui le menèrent de son poste d’intendant privé de Mazarin à son omnipotence à la tête de l’État comme contrôleur général des Finances, surintendant des Bâtiments, et secrétaire d’État à la Maison du roi et à la Marine, en charge aussi bien des colonies que de Versailles. Mais la véritable originalité de ce livre tient dans les raisons du succès de ce fidèle ministre, exposées ici. Colbert, relativement peu religieux, aux dires de tous ses contemporains, et fort tolérant à l’égard des protestants, des juifs ou des musulmans, affronta vingt ans durant (1661-1683) une vraie cabale, celle des dévots, composée de chevaliers de Malte, d’ecclésiastiques et d’amis de Fouquet. Héritiers des Frondeurs, voire des Ligueurs, ils tentèrent d’entraîner le Roi Très Chrétien dans une nouvelle guerre sainte contre les Turcs, aux côtés du pape, du roi d’Espagne et de la République de Venise. À ces aspirations dévotes, Colbert et Louis XIV opposèrent une autre politique, inspirée des exemples de François Ier, d’Henri II et de Charles IX : celle de la conciliation. Centrées sur cet axe majeur, les grandes ? affaires ? du règne de Louis XIV prennent un autre visage : la disgrâce de Fouquet, l’affaire des Poisons et l’internement du Masque de fer ne sont plus des histoires séparées, comme on les présente souvent, mais une seule et même histoire, celle qui oppose le temps révolu des croisades à celle de l’État moderne en construction. Ainsi traité, ce portrait de Colbert revisité reflète sa véritable personnalité : non pas celle d’un ? souple commis ? mais d’un authentique chef d’État.
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