Résumé : Aux armes, citoyens ! La Commune est en danger ! Les Versaillais sont aux portes de Paris ! Mais Horace Grondin, lui, n’en a cure. Il ne pense qu’à une chose, une seule : mettre la main sur Antoine Tarpagnan, qu’il soupçonne du meurtre de sa fille adoptive. Et le voilà qui bat la semelle sur le pavé parisien, au milieu des cris du peuple et du sang des communards… Voici le troisième volet de l’adaptation magistrale par Tardi du roman de Jean Vautrin. On retrouve tous les personnages de cette saga de bruit et de fureur, portée par une langue superbe et un dessin digne du meilleur Tardi, tout de noir et de blanc. Ne manque que le rouge sang des combattants pour que le tableau soit fidèle à la réalité, mais on le devine à chaque coin de page – d’ailleurs, ce volume s’intitule Les Heures sanglantes, tout un programme. Ce Cri du peuple est un double hommage : à la Commune, bien sûr, qui figure en bonne place dans le panthéon personnel de Vautrin et Tardi. Mais aussi à Paris, que le dessinateur magnifie comme à son habitude. Il n’a pas son pareil pour rendre vivante et palpable l’atmosphère de la ville de la fin du XIXe siècle, avec ses ruelles pavées, ses enseignes aujourd’hui disparues, ses gargotes et ses monuments. Tardi excelle dans la reconstitution du Paris de l’époque, lui qui sait comme personne redonner une âme à la capitale, véritable héroïne de toute son œuvre. Le Cri du peuple résonne aussi comme un vibrant hommage aux obscurs et aux sans-grade, à ce petit peuple parisien qui a donné sa vie pour un idéal. Les scènes de bataille où périssent nombre d’entre eux font immanquablement penser à la guerre de 14.
Notes : D'après le roman de Vautrin