Résumé : A la mort de cette Mamie d'or rose, j'ai eu envie de témoigner, de raconter, de reconstituer ces paysages d'enfance et de les faire partager. Plus habituée à dessiner, écrire, je m'intimidais, de vieilles blessures d'école encore douloureuses me gênaient, j'aurais voulu qu'on écrive à ma place. Encouragée par des amis j'ai finalement osé et j'y ai trouvé un grand plaisir ; les mots venaient tout seuls, c'était facile, j'avais envie de raconter ces leçons de vie, le plus sincèrement possible. Cette mère "grand" différente, simple et modeste, acceptant le monde comme il est, acceptant ses petits-enfants tels qu'ils étaient. Je voulais que mes enfants la connaisse comme moi. Ils n'avaient pas eu les mêmes complicités, ni la même intimité. Ce que je pouvais leur en raconter n'était que des bribes éparses. Ecrire me donnait la possibilité de faire revivre ensemble un petit monde, des personnes, des odeurs, des décors, des objets, des habitudes déjà oubliés. J'avais aussi envie de dire que notre confort, nos gaspillages, nos désirs et notre rapport avec la mort, aujourd'hui ont besoin d'être mesurés à ceux d'hier pour reprendre des dimensions convenables. Je suis maintenant heureuse, très heureuse, d'offrir cette Mamie d'or, à la fois commune et singulière, à d'autres enfants. (Claire Nadaud)